top of page

Poésie

  • Photo du rédacteur: CA
    CA
  • 25 déc. 2024
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 12 oct. 2025

SUR CETTE PAGE

Parolier de voyage, des paroles à marier



L'Ange de Prévert à tombeau ouvert, raconter un poète


En période de crise on a tendance à se concentrer sur les premières marches de la pyramide de Maslow, à savoir nos besoins physiologiques et de sécurité, au détriment des étages élevés tels que le besoin de s'accomplir, le besoin d'estime voire le besoin d'appartenance. Où se situe un recueil de poésie contemporaine ? Où se situe le premier titre d'un nouvel éditeur choisissant le genre poétique pour se lancer ?


Les autorités nous disent que les librairies ne vendent pas des biens de première nécessité. Soit. Si nous choisissons de les croire, alors ce recueil doit être au moins sur la troisième marche, à savoir le besoin d'appartenance. Appartenance au club des amoureux de Prévert, des curieux de littératures nouvelles, des lecteurs d'histoires écrites en vers, des habitants et visiteurs de la côte normande, des botanistes exotiques, des joueurs de lumière. Il peut même renforcer l'estime de soi en stimulant notre créativité et en nous donnant envie, à notre tour, de rebondir sur les sentiers parcourus par cet ange facétieux. Enfin il nous fait jouir d'une beauté simple, une définition parmi d'autres de l'accomplissement.



Parolier de voyage, des paroles à marier


Le "Parolier de voyage" écrit par Nathalie Legendre pendant le confinement s'ouvre sur la Fable de l'Ours polaire et du Pangolin. Le décor est planté. Entre deux ères, les poèmes des trois tableaux "Écho d'un étrange printemps", "Fenêtre de liberté" et "Murmure secret" font une transition bienvenue. On imagine aisément une Olivia Ruiz, un Calogero, un duo Vitaa & Slimane, un Pagny ou une Isabelle Boulay s'emparer de ces textes et les transformer en chansons françaises de notre siècle, d'une nouvelle ère. Avis aux troubadours !


Un ours blanc joue sur une grève
L'ours, le vrai

Les illustrations d'un débutant talentueux (comme l'auteure des textes, il n'avait jamais publié avant) collent parfaitement à l'esprit du livre et ouvrent largement le champ du lectorat. Il est heureux de constater que la création poétique est vivante, que le virus n'a pas eu sa peau, et que de nouvelles sensibilités émergent sur fond de crise.



Raymond Queneau, un poète, étrange


Raymond Queneau, un poète appartient à une collection de manuels scolaires, ou plutôt de compléments de manuels. Elle permet de découvrir un auteur sous un angle le plus attractif possible pour une génération réputée de plus en plus exigeante sur la forme (c'était déjà vrai dans les années 80 visiblement, même si les canons du genre ne cessent d'évoluer). En ouvrant ces vieux livres dédaignés par leurs premiers propriétaires, car prescrits par leur collège ou leur lycée, l'on se donne l'occasion de comprendre dans les grandes lignes ce qui a fait l'originalité et la qualité d'un écrivain. L'on connecte des points avec des mots-clés et expressions-clés, Oulipo, absurdie, écriture expérimentale, autant de notions concourant à forger une image d'innovateur littéraire, tout en reconnaissant un souffle poétique partagé avec les classiques. L'humour est la grande nouveauté (cf par exemple le poème intitulé Le début et la fin). Le thème de la destruction créatrice, appartenant au registre économique, est aussi traité à loisir (exemples : Dites-moi zoù, Rue Volta) sur un ton à la fois nostalgique et froidement réaliste. Rationalité et émotions se mélangent, se conjuguent avec succés.


Référence : lu dans l'édition de 1982 (Folio junior).



SUR CETTE PAGE

Parolier de voyage, des paroles à marier

Commentaires


bottom of page